Nos Ailes audacieuses reçoit le Prix Albert Schweitzer 2026 !

Vendredi 30 octobre 2026, j’ai eu le privilège de me rendre dans les caves historiques des Hospices de Strasbourg, un lieu mythique que je visitais pour la première fois. Un endroit chargé d’histoire, où sommeille un tonneau de vin datant de l’an 1472… Le dernier à avoir goûté à son contenu ? Le général Leclerc, lors de la Libération de Strasbourg en 1944 !

Mais ce n’est pas pour boire du vin que je m’y suis rendue… 😉 Entre les vieux tonneaux, les effluves de vin et l’atmosphère envoûtante des lieux, mon second roman, Nos Ailes audacieuses, s’est vu décerner le prix Albert Schweitzer 2026, remis par la Société des Écrivains d’Alsace, de Lorraine et du Territoire de Belfort.

Recevoir ce prix représente bien plus qu’une distinction littéraire. C’est une reconnaissance du travail accompli, des heures de recherche et d’écriture, des moments de doute, mais surtout de cette passion qui me pousse à chercher les mots justes pour raconter des histoires et transmettre des émotions.

En tant que pédiatre et écrivaine, je suis particulièrement touchée par cette distinction qui porte le nom d’Albert Schweitzer, médecin et humaniste dont l’engagement me rappelle que prendre soin de l’autre ne se limite pas à soigner les corps : c’est aussi défendre la dignité humaine, lutter contre l’indifférence et contribuer, chacun à notre manière, à rendre le monde plus juste.

Avec Nos Ailes audacieuses, j’ai voulu rendre hommage à ces femmes trop souvent oubliées, qui ont pourtant tant contribué à faire avancer l’aviation et la cause de l’égalité. J’espère que ce prix permettra à mes héroïnes de continuer à insuffler de l’espoir et du courage à toutes celles et ceux qui se battent pour réaliser leurs rêves, malgré les obstacles que la vie place sur leur chemin.

🙏 Un immense merci au jury de la SEALB et aux éditions Pélagie de permettre à leurs voix de résonner et à leur audace de briller !

J’adresse également mes remerciements les plus émus à Monsieur Gabriel Schoettel pour les mots qu’il a posés sur mon roman et que je vous partage ci-après !

                                        Chers amis, chère madame,

           C’est une bien agréable tâche qui m’incombe que celle de présenter le livre  auquel a été décerné le Prix Albert Schweitzer 2026. Nos ailes audacieuses réunit toutes les qualités d’un bon roman d’aventures et d’un solide page turner (pardon pour l’anglicisme) écrit d’un plume limpide : ces trois qualités réunies pourraient déjà suffire à notre bonheur de lecteur. Mais il va bien au-delà !

           En effet, à travers la destinée de Madeleine, à Buenos Aires en 1929, et  d’Émilie, en France presque un siècle plus tard, nous assistons à l’obstiné combat de deux jeunes femmes pour voler. Voler comme Icare, et surtout voler comme volent les hommes. La première convoque forcément pour nous les figures des Mermoz, Guillaumet, Daurat et Saint Exupéry : les meilleurs passages des Ailes audacieuses renvoient à Courrier Sud, à Vol de nuit, à Terre des hommes, de ce dernier. Il est des comparaisons moins flatteuses ! Quant au combat d’Émilie, plus contemporain, il s’inspire de celui d’Adrienne Bolland, aviatrice française qui a traversé la Cordillère des Andes en 1921, et à Dorine Bourneton, « première femme paraplégique à devenir pilote de voltige aérienne ». Ce sont là les deux modèles réels dont s’inspire notre autrice pour écrire son roman. Mais celui-ci vole bien plus haut ! Car voler est évidemment ici la métaphore de s’élever au-dessus de sa condition de femme, voler, c’est s’extraire de l’assignation à exécuter des tâches qui seraient réservées à celles-ci. Comme Icare, ou peut-être plutôt comme son père l’architecte Dédale, notre autrice vise haut, là-haut dans le ciel de la littérature. Mais contrairement au fils de Dédale, elle ne se brûlera pas les ailes, parce que l’audace, chez elle, se conjugue avec le talent.

           Marie Villequier a eu, en effet, la talent rare d’écrire un roman qui exalte le courage, la volonté, la persévérance, à travers le combat de deux femmes sans jamais tomber dans le plaidoyer, dans le manifeste, sans vouloir démontrer et convaincre. Un roman féministe ? Non, un roman, un vrai, un roman qui a de la chair, un roman où les personnages aiment, détestent, agissent, vivent… et meurent parfois. Le contraire d’un roman à thèse, d’un roman d’idées, d’un roman qui voudrait nous convaincre du bien fondé d’une conviction, fût-elle juste, par des démonstrations plus ou moins absconses. C’est, je crois, ce qui définit le mieux votre art, et que vous aviez déjà si magnifiquement, si justement, si douloureusement mis en œuvre, madame, dans votre premier roman, Et nos routes toujours se croisent, qui m’avait personnellement bouleversé.

          Permettez-moi de terminer avec deux citations. La première reprend ce que j’avais écrit sur ma fiche de lecture de votre roman -car nous faisons, très sérieusement des fiches !:«Parfaitement documenté, ingénieusement construit, bien écrit, passionnant de bout en bout : ce roman ferait honneur à notre Prix de littérature! » Voilà qui est dit et voilà qui est fait ! La deuxième citation est celle qui clôt votre livre. Vous y remerciez, je cite : « Toutes ces femmes inspirantes qui jalonnent mon chemin depuis l’enfance. Par la force de leur courage et la richesse de leurs parcours, elles nourrissent en moi l’audace de croire en mes rêves. Merci de m’aider à déployer mes ailes, jour après jour ». Merci à vous, madame, d’avoir bien voulu déployer vos ailes jusqu’à nous !

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